jeudi 28 novembre 2019

mercredi 20 novembre 2019

lundi 11 mars 2019

A L'ENCAN


Les deux tableaux que vous voyez ici ont été peints entièrement à l'ocre et un pigment noir issu de concrétions de fer et de manganèse rarissimes, provenant du Lac-des-Seize-Îles. Dans le cas de ce pigment noir, çà n'a certainement jamais été fait avant.

CES TABLEAUX SONT MIS À L'ENCAN à partir de maintenant! Mise de départ: 200$ chacun.
Les fonds iront entièrement à la réalisation de fouilles archéologiques cet été au Lac-des-Seize-Îles et à Nominingue. Nous rêvons de pouvoir faire ces recherches depuis 5 ans! Çà se fera en juillet.
Ceux qui remporteront les tableaux par la mise la plus haute à la clôture de l'encan au solstice d'été le 21 juin pourront aussi assister une journée aux travaux des archéologues avec le CIEL.(Centre d'Interpretation des Eaux Laurentiennes)
Et s'ils sont plongeurs, nous les inviterons à nous accompagner également pour une plongée très spéciale!
Alors voila! Contribuez aux recherches en archéologie sur l'occupation du territoire laurentien, et courrez la chance de mettre la main sur des objets uniques et de vivre une journée fascinante!
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These 2 paintings were painted using authentic red ochre, along with a black pigment made from extremely rare manganese accretions fond in Sixteen Islands Lake!
They are available through an auction starting now and ending on the 21st of june. Opening bid: 200$ each.
The money will be used entirely to fund archeological research this summer, at Sixteen Islands Lake and Nominingue.
The winners of the paintings will also get to be present for a day on site with the archeologists and CIEL.
And if they are divers, we'll even invite them to accompany us on a very special dive!
Help us to expand our knowledge concerning the laurentians distant past, and get a chance to experience a fascinating day and own a very unique work of art!



 Canoë sur la Rivière Cachée
ocre rouge et manganèse, 16 x 20


Le vase du Lac-des-Seize-Îles
ocre rouge et manganèse, 16 x 20

samedi 2 février 2019

LE BUT





    J’avançais lentement, un mètre au-dessus du sol. On avait tout le tour du lac à faire : de toute façon, ça prendrait du temps. La visibilité était excellente, pour un lac, et les vagues en surface transmettaient leurs ondes dansantes sur les pierres et les sédiments du fond. L’eau était chaude, confortable, réconfortante.

   J’observais la pluie constante de petites particules dans l’eau. De la neige, plutôt qu’une pluie…Du pollen, des poussières, des débris organiques.

   Le sol passa d’un champ de pierres un peu en pente à un patchwork d’affleurements d’argile grise, de plantations de potamots et de vallisnéries et de monticules de cailloux. Puis je distinguai à la limite de ma vision une tache bleue détonante dans ce monde verdâtre.
Je m’en approchai en quelques coups de palme.

   Une pelle. Un grattoir, pour être précis. Un grattoir très large en plastique bleu, couché à l’endroit sur le fond. Et juste à côté, une rondelle noire toute éraflée, ridée comme une glace de patinoire.
Une puck de hockey.

   Un nuage passa probablement au-dessus, voilant le soleil. La lumière baissa. Je relevai la tête et mon regard monta à contre-courant des flocons qui tombaient toujours, plus évidents dans l’eau sombre. Monta encore, jusqu’à la surface, et passa de l’autre côté du miroir.

   Dehors, c’était la nuit. Une belle nuit de janvier sur le Lac-Des-Écorces. Les enfants avaient patiné toute la journée encore, et leurs arabesques faisaient tournoyer en rafales scintillantes les flocons légers quand le soleil arrivait à percer entre deux nuages, comme attiré par leurs cris et leurs rires. Ils dormaient maintenant, dur comme des bûches d’érable. Après le souper et le coucher des enfants, la gang était arrivée, avec une couple de caisses de vingt-quatre. Roger lui, fournissait le gros gin.
Ils avaient planté les bouteilles dans le banc de neige au bord du lac, gratté la patinoire, et la game de hockey annuelle des vacances des fêtes avait commencé! Ils avaient ri et crié autant que les enfants, s’arrêtant de temps en temps au banc de neige pour une p’tite shot ou une Dow.

   Le grand Allaire avait encore marqué trois buts! Le quatrième, il l’avait manqué. Il avait visiblement choisi le mauvais filet dans les deux qu’il voyait après le tiers du gros gin!
La neige n’avait pas cessé. Pas une tempête, mais une petite neige lente qui n’arrêtait pas. Roger adorait ces parties de hockey. En fait, il adorait ce rituel d’hiver où il retrouvait ses chums. Le grand Allaire, Bob, Doc Michaud, ‘’Barniques’’ Boucher, Dave, Steve, le gros Laurin…

   Ils avaient joué longtemps. Puis, les gars s’en étaient retournés vers leurs camps autour de la baie, certains titubant plus que d’autres, après les accolades et les grandes claques dans l’dos, et les «j’t’aime mon ti-frère» larmoyants et avec plus de voyelles que de consonnes. Ils partageaient tous une profonde amitié, une passion du hockey, un goût immodéré pour les bonnes choses bien arrosées, et un amour sans limites pour leur lac.

   Roger était resté, assis dans le banc de neige avec les bouteilles vides. Il restait un petit fond de gin. La neige tombait toujours. Il essaya de suivre des flocons dans leur longue chute silencieuse. Difficile…Demain il aurait la journée pour se remettre, puis tout le monde repartirait en ville après le souper. Les vacances étaient toujours trop courtes, bien sûr. Ils reviendraient peut-être une fois cet hiver, mais ça n’était pas certain. Peut-être seulement au printemps, à la fonte des glaces. Il sourit en pensant qu’il reverrait les boys, quand la grise se mettrait à mordre une semaine ou deux après le dégel.

   La glace se recouvrit lentement d’un linceul blanc. Les enfants voudraient sûrement rechausser leurs patins demain. Dans quelques heures, en fait! Allons! Un petit coup de gratte encore avant de rentrer. Roger se releva péniblement et saisit la large pelle bleue plantée derrière les bouteilles.
Il prit son temps, savourant le froid, et le son régulier de ses coups de patin sur la glace, comme le grattage de la plume d’un scribe sur son parchemin dans le silence de l’abbaye. Et la voûte noire infinie au-dessus de lui était sa nef.

   Quand il eut achevé le travail, il revint vers son banc improvisé et replanta la pelle.
Lorsqu’il se pencha pour ramasser quelques bouteilles, il n’entendit pas la rondelle tomber de sa poche de manteau. Il rentra à la maison.

     Derrière lui la neige tombait encore. Tout lentement, comme si le froid épaississait l’air. Comme s’il neigeait dans l’eau.

   Je revins de mon monde imaginaire en même temps que le soleil. Je souris autant que c’est possible avec un détendeur en bouche. La pelle, la rondelle : impossible d’avoir plus représentative image d’un peuple, d’une culture, du Québec des Laurentides! Combien de joutes de hockey se sont disputées sur les lacs du Nord, depuis sa colonisation?
   Je laissai là la pelle. Il me semblait qu’il valait mieux qu’elle continue de parler en secret d’époques oubliées. Mais je pris la rondelle. Elle symboliserait bien cet aspect de notre histoire dans ce petit musée d’artefacts sous-marins que je rêvais d’ouvrir un jour.
Je la placerais à côté de cette batte de baseball que j’avais trouvé un jour au Seize-Îles. Elle était entièrement ensevelie dans plusieurs pieds de sciure de bois au fond de l’eau, devant l’emplacement de l’ancien moulin à scie de Joseph Rodger, le premier à habiter le lac. Les vieux du village m’avaient parlé de ces games de baseball que les employés faisaient parfois, dans la grande cour à bois au bord de l’eau…
J’emportai mon petit trésor et poursuivis ma plongée.

   Quelques semaines passèrent. Nous achevions nos recherches au Lac des Écorces.
Un soir, alors que je rangeais mon équipement dans l’auto, je vis un inconnu s’approcher timidement. Un grand gaillard aux cheveux gris bouclés en bataille et aux lunettes noires.
Il se présenta et m’expliqua que les gars de la municipalité à qui j’avais montré des photos du grattoir et de la rondelle au fond de l’eau lui avaient raconté la trouvaille. Puis, il me parla en hésitant, visiblement assez ému, de son voisin sur le lac qui était mort tout récemment d’un cancer.
Son voisin qui chaque hiver, pour le plaisir de tous, petits et grands, entretenait une grande patinoire  devant chez lui, au fond de la grande baie. Son voisin qui était aussi son meilleur ami.
Et il me demanda si j’avais encore la rondelle.
Et si je pourrais considérer de m’en défaire…

Au nombre de parties de hockey qui se sont jouées sur ces lacs Laurentiens que j’aime tant : j’en trouverai bien une autre…



vendredi 1 février 2019

DEUX PETITES NOUVELLES...

 Borealis  8X10
A Flanc de colline  12X16


vendredi 25 janvier 2019

COMMENT MISER / HOW TO BID

(english follows)

Le ''ONE PAINTING A DAY'' est un phénomène web créé aux USA en 2004 . Il s'agit de relever le défi d'exécuter et de publier sur un blog un petit tableau chaque jour, stimulant discipline, exploration et créativité.

Vous trouverez ici quotidiennement cette pochade de 4x6 pouces à l'encan, sur laquelle vous pourrez miser en laissant un commentaire signé. La mise de départ est de 100$, et l'encan se termine le lendemain à 18:59hres.

(Cliquez sur ''commentaires'' au bas du message accompagnant le tableau pour miser. Puis, écrivez et signez votre mise, cochez la case ''anonyme'' puis la case prouvant que vous n'êtes pas un robot, puis sur ''publier comment.''

La mise gagnante sera la plus haute et dernière apparaissant à 18:59, ou la dernière après un silence internet de 3 minutes, advenant surenchère dans les derniers instants.)

Le tableau vous sera posté après séchage et vernissage.
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You'll find here (on most days!), a little 4x6 inches painting being auctionned.
Starting bid is 100$.
Winning bid is the highest and last published at 18:59hrs, or the last after a web-silence of 3 minutes, should there be a last minute fight between bidders!

To bid: Click on ''commentaires'' under the painting's post, write your bid and sign it, click on ''anonymous'', click on the box proving you're not a spaming robot, and lastly on ''publier comment.''
Thanks!

Your painting will be sent to you by mail after it dries and is varnished.









vendredi 28 décembre 2018

COUCHER...

Coucher au 16 Îles
10 x 20 pces/in.